Services à domicile : un secteur essentiel

Au 1er janvier 2019, on recensait en France plus de 42 000 organismes de services à la personne. En effet, dans la lignée des évolutions de notre société, nombreuses sont les professions proposant désormais leurs services au domicile des particuliers. Cette diversité englobe des services dits de « confort » tels que la coiffure, le jardinage, l’informatique comme des services d’aide aux personnes vulnérables. Quelle que soit leur spécialité, ces prestataires cultivent un lien humain et social plus que jamais essentiels.

Professionnels de services à la personne : quels parcours ?

Le secteur de l’aide à la personne offre de multiples prestations qui correspondent à autant de profils d’intervenants. Le plus souvent, les prestations sont proposées par l’intermédiaire de structures associatives ou d’entreprises privées spécialisées dans le domaine. Plusieurs métiers et niveaux de responsabilité cohabitent au sein d’une même organisation. Le directeur ou la directrice assure la gestion des ressources humaines et le fonctionnement administratif et financier. Pour accéder à ces fonctions, il existe plusieurs formations telles que le Certificat d’Aptitude aux Fonctions de Directeur d’Etablissement ou de Service d’Intervention Sociale, le Master « Management des Organisations Sanitaires et Sociales » ou encore le « Certificat d’Aptitude aux Fonctions d’Encadrement et de Responsable d’unité d’intervention sociale ». Les missions des salariés aides à domicile ne sont quant à elles pas exhaustives et dépendent du degré d’autonomie du bénéficiaire. En fonction des missions exercées, les intervenants sont titulaires d’un CAP assistant technique familial et collectif, d’un CAP petite enfance, ou encore d’un Diplôme d’Etat d’auxiliaire de vie sociale. Autre exemple, l’assistante maternelle devra de son côté demander un agrément auprès du Conseil Départemental de son lieu d’exercice et qui peut être obtenu à l’issue d’une formation de 120 heures. Au-delà de la formation suivie, les métiers des services à la personne nécessitent de la rigueur, de la souplesse et en premier lieu des qualités humaines eu égard aux publics bénéficiaires.

Bien cerner ses besoins

Il est important dans un premier temps de bien anticiper ses besoins. En fonction de la situation, il est possible d’évaluer le degré de dépendance de la personne puis de déterminer les activités demandant assistance, leur fréquence, l’amplitude horaire de la prestation et le volume mensuel. Concernant notamment l’aide à la personne dépendante, il est indispensable de définir les attentes de cette dernière par rapport à la personnalité du salarié afin de favoriser la qualité de la relation entre intervenant et bénéficiaire. Il sera ensuite nécessaire d’évaluer le budget et les solutions de financement, le coût du service à domicile étant défini eu égard au salaire de l’intervenant, à d’éventuelles indemnités, au volume d’heures requises par mois et au niveau de compétences. Pour les services tels que la coiffure à domicile, le jardinage ou encore le dépannage informatique, les besoins sont plus ponctuels et correspondent généralement à des forfaits.

Services à domicile : quelles formalités ?

La rédaction d’un contrat de travail est obligatoire et celui-ci doit être rédigé en français. Il doit mentionner notamment l’identité et l’adresse des parties ainsi que la durée de travail par exemple. L’employeur d’une aide à domicile ne peut rompre le contrat que dans des cas bien précis, par exemple, si l’employé ne respecte pas ses horaires, n’accomplit pas ses missions ou s’il y a des absences injustifiées, des retards répétés, ou des difficultés financières rencontrées par le bénéficiaire dans le cas d’une aide à destination d’une personne dépendante. Afin d’avoir recours à un service à domicile, le particulier peut s’adresser à un organisme de services à domicile ou choisir le contrat de gré à gré.

Concernant le recours à une entreprise ou une association, il existe deux cas de figures :

  • Dans le mode prestataire, c’est l’organisme qui est l’employeur. Ce dernier facture les prestations effectuées par ses salariés au particulier. L’organisme s’occupe également de toutes les tâches administratives. Le bénéficiaire reçoit chaque mois le planning des interventions ainsi qu’une facture mensuelle. A noter : chaque intervention fait l’objet d’un compte-rendu rempli par l’intervenant détaillant les tâches accomplies.
  • Dans le mode mandataire, le particulier demeure employeur et délègue à un organisme de services d’aide à domicile ses obligations légales et administratives comme la rédaction du contrat et le suivi des prestations. L’employeur mandate l’organisme et prend financièrement à sa charge le coût du mandat ainsi que le salaire de l’intervenant à domicile.

Enfin, le particulier peut avoir recours à la formule du gré à gré. Ici, ce dernier emploie directement son salarié. En tant que particulier-employeur, il est tenu de respecter certaines formalités d’embauche.

Crédits d’impôts : les conditions requises

Depuis janvier 2017, tous les contribuables ayant recours à des services d’aide à domicile ont la possibilité de bénéficier d’un crédit d’impôts, et ce quelle que soit leur situation. Les activités entrant dans le champ d’application sont diverses, de l’aide à l’assistance aux personnes âgées aux petits travaux de bricolage.

La liste de l’ensemble des services concernés est disponible sur le site www.service-public.fr. Afin d’en bénéficier, il suffit d’inscrire dans sa déclaration de revenus le montant des dépenses occasionnées par l’emploi d’un salarié à domicile. Le montant de la réduction fiscale sera ensuite calculé par l’Administration Fiscale et apparaîtra sur l’avis d’imposition. Il est impératif de garder les justificatifs de dépense tels que l’attestation produite par l’Urssaf, les factures de l’organisme agréé ainsi que l’attestation annuelle totalisant les prestations.

Pour limiter les décalages de trésorerie, un acompte fiscal de 60% du montant du crédit d’impôt de services à la personne est versé le 15 janvier de chaque année et le solde au cours de l’été.

Les bons points du Chèque emploi service universel CESU

Dans le cas d’un contrat gré à gré, le particulier-employeur peut d’abord avoir recours à un CESU « déclaratif », qui lui permettra de remplir ses obligations d’employeur de manière simplifiée. Pour en bénéficier, il convient d’adhérer au Centre national du Cesu (CNCesu) par internet sur le site de l’organisme. Le calcul et le prélèvement des cotisations sociales est automatisé ainsi que l’envoi au salarié d’un bulletin de paie. De même, nul besoin de déclarer l’embauche auprès de l’Urssaf, le volet social du Cesu déclaratif valant déclaration d’embauche. Le CESU « Préfinancé » est quant à lui un titre de paiement délivré par son employeur ou des organismes attribuant des prestations sociales. Il permet de payer un organisme de services à la personne ou de rémunérer un salarié, quel que soit le service à la personne concerné (bricolage, soutien scolaire., garde d’enfants…). A noter : en cas de CESU, il n’est pas nécessaire d’établir un contrat de travail ou un bulletin de paie si l’intervenant à domicile ne travaille pas plus de 8 heures par semaine et 4 semaines de suite au cours de la même année.


Interview Gabriel P., employé de service à domicile

Comment avez-vous débuté votre carrière d’employé de services à domicile ?
Gabriel P. : « J’ai débuté en 2003 en effectuant d’abord des gardes de nuit. Puis au bout de quelques mois, la structure qui m’employait m’a positionné sur d’autres prestations que j’effectue encore : ménage, préparation de repas, changes, aide à la prise de repas, courses, aide à la toilette… Au départ, ce qui m’a attiré, c’est la vulnérabilité des personnes âgées ou en situation de dépendance. J’avais besoin de me sentir utile et j’aime leur contact, leur expérience de la vie. Sans formation initiale dans le domaine, un nouvel employeur m’a finalement proposé en 2010 de suivre une Validation des Acquis Professionnels en vue de l’obtention d’un diplôme d’Assistant de vie aux familles. »

Comment se sont passés vos premiers contacts avec les bénéficiaires ?
Gabriel P. : « Le tout premier était un homme de 78 ans en situation de dépendance. C’était difficile pour lui, comme pour beaucoup d’autres, d’admettre qu’il avait besoin d’aide pour accomplir les actes de la vie quotidienne et il a mis du temps à l’accepter, ce qui a rendu cette première mission d’abord un peu difficile. Puis la confiance s’est installée et tout a été plus fluide pour lui comme pour moi. Il faut comprendre que l’employé à domicile doit prendre le temps de trouver sa place dans chaque nouvelle intervention. »

À quoi ressemblent vos semaines ?
Gabriel P. : « Je travaille du mardi au samedi, de 8h30 à 20h, c’est un métier qui se distingue par une grande amplitude horaires. Ce temps complet équivaut à 5 à 6 interventions par jour, d’une durée variant de 1h à 2h30 selon la complexité des tâches à accomplir. Auparavant, je devais faire signer une fiche d’intervention attestant de la mission accomplie à chaque bénéficiaire, que je collectais et remettais à l’association employeuse en fin de mois. Depuis quelques années, je suis équipé d’un boîtier qui me permet de visualiser chaque semaine mon planning hebdomadaire et qui me donne accès aux fiches des bénéficiaires, répertoriant leurs besoins et mes missions. C’est par ce biais que je prends connaissance d’une nouvelle mission, souvent à la dernière minute. Ce planning est soumis à modification en fonction d’événements imprévus tels qu’une hospitalisation ou un rendez-vous médical d’urgence. Ces fonctions demandent en conséquence une certaine souplesse et de bonnes capacités d’adaptation. »

Quels sont les points positifs de cette activité ? À l’inverse, ce qui est le plus difficile ?
Gabriel P. : « Je fais bien sûr ce métier depuis 17 ans pour le contact humain que j’ai avec mes bénéficiaires. J’apprécie également d’être autonome dans les tâches que j’accomplis, et les réunions avec mes collègues qui nous permettent d’échanger sur nos pratiques et partager les difficultés que nous rencontrons. Il faut comprendre que ce métier confronte aussi à la souffrance corporelle et psychique, je n’ai pas de meilleure récompense que lorsque des proches me confient que j’ai participé à améliorer les conditions de vie d’une personne dépendante. Néanmoins, il faut être capable de prendre du recul et de faire passer en premier le besoin de l’autre. Ce métier et mes interventions ont été l’occasion de très belles rencontres, je pense notamment à un monsieur passionné de lecture avec qui je partageais mes coups de cœur ou encore une dame qui adorait les chansons des années 50 et avec qui j’ai plus d’une fois poussé la chansonnette. »


Sites utiles :
www.service-public.fr
www.servicesalapersonne.gouv.fr
www.cesu.urssaf.fr

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